"Andrès Garcia est l'homme qu'il vous faut. Sérieusement. Pour un morceau exquisément ouvragé, envoûtant une piste de danse avec une irrésistible subtilité. Pour une rumba décadente accompagnant une tragédie tropicale sur une scène théâtrale. Pour un tissu chatoyant d'échardes mélodiques, créé sur mesure pour un ballet du 21e siècle. Et maintenant pour ce hautement cinématographique Haunted Love, collection accrocheuse et aventureuse de chansons pop funky.

Un bon bout de temps avant tout cela, Andrès est né et a grandi dans la musique entre la Galice et Genève. Ayant accompli tout le périple du classique au jazz et à l'électroacoustique, il finit très vite par créer sa propre musique. À l'aube des années 1990, il commence à composer pour des pièces de théâtre et de danse contemporaine, ce qui l'amène à écumer les scènes internationales avec le Teatro Malandro, Alias compagnie et L'Alakran. À la même époque, il se met à l'accordéon, au chant et à la console de l'ingénieur du son pour former I Mericani, groupe bouillant de «folk global» qui sortira quatre albums et tournera en long et en large en Europe et au Canada.

Avec le nouveau millénaire, Andrès plonge en profondeur dans les eaux de l'électronique, sortant un premier album solo confidentiel mais quasi-culte (I Am Your Friend), ainsi qu'une série d'EP sur quelques labels internationaux prescripteurs en la matière (Connaisseur, Treibstoff, Crosstown Rebels, Kalk Pets, Alphahouse), s'appariant à l'occasion avec des figures culte de la scène électronique pour former des duos hauts en couleur (l'electro-funk AG/BG avec Paris the Black Fu de Detroit Grand Pubahs, la techno-latin John Keys avec Dandy Jack).

 

Tout cela se rassemble dans Haunted Love, où Andrès fait équipe avec de nouveaux partenaires (un quatuor de cordes, le prodige de l'harmonica jazz Grégoire Maret...) pour un album organique mais infusé d'électronique, riche en mélodies belles à pleurer et en réminiscences jazz-rock, surprenant comme une romance hantée au milieu de la jungle... Ah oui, et "The Ghost"? Allez, on en reparle".

Nic Ulmi